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Trajectoires

Ode aux doyen·nes – regard afro-diasporique sur les multiples contextes dits « post-soviétiques »

Ode aux doyen·nes – regard afro-diasporique sur les multiples contextes dits « post-soviétiques »

© MansA

Du 13 au 20 décembre 2025, MansA inaugure Trajectoires, nouveau cycle dédié aux récits afro-diasporiques dans des géographies trop souvent invisibilisées. Pour cette première édition, la curatrice Zola Chichmintseva-Kondamambou propose une semaine de projections, discussions et exposition autour des expériences africaines et afro-descendantes au sein des contextes politiques et culturels marqués par la domination et l’occupation soviétiques.

Trajectoires naît d’une nécessité : rendre visibles les circulations et présences afro-diasporiques dans des espaces où elles ont été systématiquement effacées. Ce programme invite des actrices et acteurs culturels émergents ou confirmés à interroger l’afro-descendance dans des géographies et temporalités qui ont longtemps négligé ces récits. Entre débats, mémoires amplifiées et formes de rencontres inédites, Trajectoires fait résonner la pluralité et la vitalité des expériences afro-descendantes contemporaines.

Entre archives, cinéma, art contemporain et histoire orale

Pour inaugurer ce cycle, Zola Chichmintseva-Kondamambou déploie une programmation qui traverse archives, recherche, cinéma, art contemporain et histoire orale. Au cœur du projet : l’exposition Ode aux doyen·nes, une enquête itinérante mêlant réflexion spirituelle, histoire vivante, mémoire diasporique et critique des récits hérités de la domination soviétique.

La journée du 13 septembre s’ouvrira par une présentation de la programmation, suivie de la projection de deux courts-métrages de Souleymane Cissé, réalisés pendant ses études à l’Institut national de la cinématographie S. A. Guerassimov, dit « VGIK », à Moscou. L’Aspirant (1968) suit un jeune Malien qui tente d’articuler médecine traditionnelle bambara et formation soviétique. Sources d’inspiration (1966) filme le travail du peintre Mamadou Somé Coulibaly, premier étudiant africain des Beaux-Arts de Moscou, qui contribuera à fonder le cursus artistique de Bamako.

Cette séance sera suivie d’une discussion sur le thème « cinéma et parcours des étudiant·e·s africain·e·s dans les contextes soviétiques » avec Sasha Artamonova, doctorante en histoire de l’art moderne et contemporaine africaine-américaine et de la diaspora africaine au sein du département d’histoire de l’art de l’université Northwestern aux États-Unis et à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris.

En fin d’après-midi, une table ronde réunira les artistes Louisa Babari, Azadbek Bekchanov et Grace La-Joly pour interroger les « dynamiques raciales et antiracisme dans les espaces dits post-soviétiques ». Louisa Babari évoquera l’expérience de ses parents – une mère russo-ossète née en Ouzbékistan, un père algérien – en URSS. Grace La-Joly témoignera de ses études aux Beaux-Arts en Ukraine et Lettonie, entre safe space artistique et quotidien complexe pour une jeune femme d’origine ukrainienne et congolaise. Azadbek Bekchanov proposera une lecture des débats coloniaux qui ont traversé la révolution bolchévique et leurs échos contemporains.

Révéler l’invisible, réactiver les traces

La soirée se poursuivra avec le vernissage public d’Ode aux doyen·nes. L’exposition – qui se tiendra dans les murs de MansA jusqu’au 20 décembre inclus – tisse plusieurs strates : un autel pensé in situ par Shivay La Multiple pour honorer l’invisible, une réflexion de Grace La-Joly sur les identités depuis l’exil et la matière en mouvement, les archives d’une librairie imagée par Louisa Babari, et de nouveaux narratifs proposés par DAVRA autour du Festival International du Cinéma Africain et Asiatique de Tachkent.

Le 20 décembre, pour la dernière journée de l’exposition, deux temps de visite permettront de la parcourir aux côtés de Zola Chichmintseva-Kondamambou, qui reviendra sur les enjeux de cette cartographie sensible, située et non exhaustive des présences afro-diasporiques en contextes post-socialistes.


Zola Chichmintseva-Kondamambou est une curatrice et une médiatrice culturelle travaillant à l’intersection des cultures afro-diasporiques et des espaces dits post-socialistes et « post-soviétiques » décortiquant le regard (dé)colonial sur les cultures, les mémoires et les langues. Transdisciplinaires, ces approches et projets prennent la forme de débats d’idées et d’échanges, de mise en archive d’histoires orales, et d’expositions.  Le travail de Zola prend appui sur les histoires coloniales, leurs diffusions et leurs implications afin d’interroger nos réalités politiques et culturelles contemporaines. 

Diplômée de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et de Sciences Po Strasbourg, Zola a collaboré avec Manifesta, the European Nomadic Biennial, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, la Gaîté Lyrique, la Maison de la Culture d’Amiens en lien avec le collectif Beyond the post-soviet et l’Institut français.

Samedi 13 décembre

16h – 16h30
Introduction à la programmation par Zola Chichmintseva-Kondamambou

16h30 – 17h
Projection de L’Aspirant (1968, 13 min) et de Sources d’inspiration (1966) de Souleymane Cissé

17h – 18h15
Discussion avec Sasha Artamonova, doctorante en histoire de l’art (Northwestern University / EHESS)

18h30 – 19h30
Table ronde avec Louisa Babari, Azadbek Bekchanov et Grâce La-Joly. Modération : Zola Chichmintseva-Kondamambou

19h30 – 22h
Vernissage public de l’exposition Ode aux doyen·nes

Du 14 au 20 décembre

Exposition Ode aux doyen·nes
Accessible aux horaires indiquées en billetterie.

Avec les œuvres de :
Shivay La Multiple, Grace La-Joly, Louisa Babari et DAVRA

Samedi 20 décembre

14h – 15h puis 16h – 17h
Visite guidée avec Zola Chichmintseva-Kondamambou

Clôture

Entrée libre sur réservation