Sélectionné au sein de la première promotion de MansA Lab, Bazaart se présente comme un collectif et un espace de coopération dédié aux échanges créatifs. Depuis la Guadeloupe, le projet entend favoriser les rencontres, les collaborations et la circulation des idées entre les Caraïbes et d’autres territoires.

Elles viennent d’horizons différents, mais partagent un même ancrage : la Guadeloupe. Autour de la table, il y a des trajectoires qui se croisent sans jamais se ressembler tout à fait – développeuse web, artiste-chercheuse, productrice, entrepreneure. Ensemble, elles créent Bazaart, un projet collectif né d’un besoin : penser des espaces durables de coopération entre les acteurs de la culture caribéenne.

Bazaart souhaite créer des ponts entre artistes, associations, institutions et artisan·es, afin de favoriser les synergies, le partage d’expériences et la mutualisation des ressources. Le projet s’inscrit ainsi comme un outil d’accompagnement de la structuration du secteur culturel dans les territoires caribéens.

Aujourd’hui, c’est un hub artistique pluridisciplinaire, ancré en Guadeloupe et ouvert à l’international. Un projet hybride, à la fois lieu physique en devenir et plateforme digitale en construction, pensé comme un espace de coopération, de transmission et de renforcement des parcours artistiques. Ici, la culture ne se cloisonne pas : arts visuels, musique, cinéma, et recherche dialoguent sans hiérarchie.

L’histoire du collectif commence bien avant son nom. Certaines se rencontrent au sein de Mabouica, un collectif guadeloupéen qui organisait festivals et événements mêlant musiques alternatives, danse et arts visuels. Le Covid met un coup d’arrêt à ces élans, mais pas à la dynamique. Ce goût pour les formes alternatives et hybrides reste inscrit dans l’ADN du projet.

Né en 2005, le projet était initialement tourné vers les échanges culturels entre la Guadeloupe et la Côte d’Ivoire. Repris et repensé en 2024, il change d’identité et se restructure collectivement, avec une volonté ; celle de sortir de l’isolement des entrepreneurs culturels et construire des outils durables, solidaires et pérennes.

Aujourd’hui, le projet avance par strates. Résidences artistiques et expositions en Guadeloupe et à l’international, développement de collectifs, production d’œuvres audiovisuelles, accompagnement de projets culturels mais aussi réflexion autour de tiers-lieux capables de faire le lien entre territoires. Autant de briques pensées comme des réponses concrètes à des réalités souvent invisibilisées.

Soutenue par l’incubateur MansA Lab, l’équipe a choisi de ralentir pour mieux structurer. « Construire, déconstruire, reconstruire », disent-elles. Loin de l’urgence événementielle, Bazaart revendique désormais le temps long, celui qui permet aux projets de s’ancrer et aux artistes de ne plus avancer seuls.

Plus qu’un lieu ou une structure, Bazaart se pense comme un espace commun. Un point de passage entre la Caraïbe et le reste du monde. Un outil pour faire circuler les récits, les mémoires, les œuvres et les corps. Et peut-être, surtout, une manière de rappeler que l’art n’est jamais un à-côté, mais une force de lien et de transformation.