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N.A.R.D.A.L

Pour une place à la table : carte blanche féministe au sein du Parliament of Ghosts

Pour une place à la table : carte blanche féministe au sein du Parliament of Ghosts

Le 20 novembre, MansA investit Parliament of Ghosts, l’installation d’Ibrahim Mahama présentée à la Fondation Cartier, pour un nouveau « Temps de la parole ». Mame-Fatou Niang y réunit quatre voix autour de Néoblaste, une lecture-performance consacrée à l’apparition, à l’invisibilité et à la possibilité de prendre place.

Le vendredi 20 novembre 2026, MansA propose Le Temps de la parole avec MansA au sein de Parliament of Ghosts, l’installation d’Ibrahim Mahama présentée dans le cadre de l’exposition Le Temps des récoltes à la Fondation Cartier. Conçue comme un espace d’échange et une agora, l’installation accueille une rencontre autour des voix peu entendues et des présences rendues invisibles.

Cette soirée s’inscrit dans le prolongement de N.A.R.D.A.L. (Nouvelle Approche de Recherche sur les Dynamiques Afro-descendantes en Liaison), un programme porté par MansA qui met en lumière les voix, les pensées et les trajectoires des femmes africaines et afro-descendantes. Elle fait également écho à l’héritage des sœurs Nardal et à leur salon de Clamart, espace de rencontres et de circulation des idées entre les Caraïbes, l’Afrique, l’Europe et les États-Unis.

Pour cette rencontre, la chercheuse et plasticienne Mame-Fatou Niang réunit Assadiallo Doucouré, l’historienne Olivette Otélé, l’écrivain Mohamed Mbougar Sarr et la plasticienne Zana Masombuka autour de Néoblaste, une lecture-performance sur l’apparition. Les néoblastes sont des cellules de régénération. Le projet, mené sur une décennie, recueille des paroles de femmes de Dakar à Berlin, en passant par Clichy-Montfermeil et Rio de Janeiro.

La performance s’ouvre sur un naufrage raconté depuis le fond par une femme noyée. Ni tout à fait morte ni encore vivante, elle prend le public à témoin et s’interroge sur l’intérêt de revenir dans un monde où elle demeure invisible. Les voix d’Olivette Otélé et de Zana Masombuka soutiennent sa remontée, comme une invitation à choisir l’apparition et à affirmer sa présence. Née à Clichy-Montfermeil, Assadiallo Doucouré clôt ce chœur en portant la voix d’une génération qui ne demande plus seulement à être vue, mais prend sa place.

Au sein de Parliament of Ghosts, cette rencontre fait dialoguer les vivants, les invisibles et celles et ceux dont les voix essaient de nous parvenir. Elle pose une question : que devient un lieu lorsque celles et ceux que l’on n’y attend pas décident d’y prendre place ?


Olivette Otélé est une historienne spécialiste des héritages et de la mémoire de l’esclavage. Professeure de recherche émérite à SOAS, à Londres, elle est notamment l’autrice d’African Europeans: An Untold History (2020). Elle a également été titulaire d’une chaire invitée au Collège de France en 2023.

Mohamed Mbougar Sarr est un romancier sénégalais, né à Dakar en 1990. Il a reçu le prix Goncourt en 2021 pour La Plus Secrète Mémoire des hommes. Son œuvre explore notamment les histoires enfouies et les figures absentes dont les voix continuent de troubler les vivants.

Mame-Fatou Niang est professeure des universités à Carnegie Mellon, où elle a fondé et dirige le Centre d’études noires européennes et atlantiques. Chercheuse et plasticienne, elle travaille notamment sur les géographies noires, la noirité en France et l’institutionnalisation des études noires en Europe. Elle est l’autrice d’Identités Françaises et co-autrice d’Universalisme.

Zana Masombuka, connue sous le nom d’artiste « Ndebele Superhero », est une plasticienne sud-africaine. À travers la photographie, le cinéma, la sculpture et la performance, elle explore la modernité et notre rapport aux esprits, en puisant dans son héritage culturel ndebele.

Assadiallo Doucouré est sociologue de formation et a grandi à Clichy-sous-Bois. Elle a participé au projet artistique Échoïques, dirigé par Mame-Fatou Niang, consacré au rôle des sons, des bruits et des silences dans la construction des mémoires. Elle est coprésidente de l’association féministe et antiraciste Lallab.


À PROPOS DU CYCLE N.A.R.D.A.L.

N.A.R.D.A.L. est un programme de MansA consacré aux voix, aux pensées et aux trajectoires des femmes issues des mondes africains et afro-descendants. Il s’inspire notamment de l’héritage des sœurs Nardal et des salons de pensée qu’elles organisèrent à Clamart.

En 2026, MansA a inauguré le cycle avec Nardal : Anti-Salon de Maboula Soumahoro, une programmation conçue par Maboula Soumahoro en hommage aux sœurs Nardal.

Entrée libre sur réservation