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N.A.R.D.A.L

Carte noire : trois jours pour faire salon avec Maboula Soumahoro

Carte noire : trois jours pour faire salon avec Maboula Soumahoro

Pour inaugurer sa saison 2026-2027, MansA lance N.A.R.D.A.L. – « Nouvelles Approches de Recherche sur les Dynamiques Afro-diasporiques en Liaison » – un nouveau programme consacré à la pensée, à la création et à l’engagement des femmes issues des mondes africains. Pour cette première édition, l’universitaire et essayiste Maboula Soumahoro investit la Maison avec sa « carte noire » et imagine un programme inédit de trois jours en hommage aux sœurs Nardal.

Qui parle ? Dans quel cadre ? Avec quelle légitimité ? Et qui est invité à écouter ?

C’est autour de ces questions que Maboula Soumahoro imagine cet « anti-salon ». Pour cette première édition de N.A.R.D.A.L., elle reçoit carte noire pour investir MansA et construire une programmation où se rencontrent différentes voix, pratiques et formes de savoir.

Loin d’un exposé magistral, l’anti-salon propose une construction commune où la parole circule et où le corps participe autant que l’esprit. Il questionne ses propres privilèges, les conditions d’accès aux espaces de parole et les façons dont les savoirs et les héritages se construisent et se transmettent. Pendant trois jours, littérature, danse, musique, cinéma, cuisine et transmission se répondent.

Le week-end s’ouvrira vendredi soir par une lecture en extérieur du manifeste de Maboula Soumahoro, porté en plusieurs langues — français, créole caribéen, arabe, lingala et bambara — qui se répondent et se relaient tout au long de la performance. La soirée se poursuivra avec un DJ set de Tysha Cee.

Dans les pas des sœurs Nardal

Dans les années 1920 et 1930, les sœurs Nardal participent à la vie intellectuelle et culturelle de leur époque. Parmi elles, Paulette, Jane et Andrée sont notamment associées au salon littéraire animé à Clamart, espace de rencontres et de circulation des idées entre les Caraïbes, l’Afrique, l’Europe et les États-Unis.

Paulette Nardal, avec d’autres intellectuels de son époque, cofonde en 1931 La Revue du monde noir, à laquelle ses sœurs Jane et Andrée contribuent également. Leur rôle dans les circulations intellectuelles qui ont nourri la pensée noire et la genèse de la Négritude a longtemps été moins reconnu que celui des figures masculines du mouvement et fait aujourd’hui l’objet d’un important travail de redécouverte.

C’est dans cet héritage que s’inscrit N.A.R.D.A.L. : celui de cercles de pensée où les idées circulent, où les expériences se rencontrent et où la réflexion peut prendre des formes multiples. Le programme ne se consacre pas uniquement aux sœurs Nardal : il part de leur histoire pour interroger la place des femmes dans l’histoire des idées, les circulations intellectuelles et les façons dont se construisent, se transmettent ou s’effacent les héritages.

Un nouveau cycle à MansA

N.A.R.D.A.L. est pensé comme un cycle de cartes blanches confiées à des femmes inspirantes des mondes africains, invitées à « faire salon » selon leurs parcours, leurs regards et leurs visions contemporaines des enjeux qui traversent notre époque.

Cette première édition, avec Maboula Soumahoro, inaugure ce cycle à travers un anti-salon transdisciplinaire, accessible et collectif. Pendant tout le week-end, littérature, écriture, danse, cinéma, musique et cuisine deviennent autant de manières de penser, de transmettre et de faire circuler les expériences.

N.A.R.D.A.L. propose ainsi une autre manière de faire salon : un espace pour penser, créer, transmettre, dialoguer et se rencontrer.

LE PROGRAMME

Du vendredi 2 au dimanche 4 octobre 2026

Vendredi 2 octobre

19h–22h30
Soirée d’ouverture

19h30–20h30
Lecture du manifeste de Maboula Soumahoro
Lecture en extérieur, portée en français, créole caribéen, arabe, lingala et bambara.

Avec
Maboula Soumahoro · Zoubida Debbagh · Julien Creuzet · Bénicia Makengele · Diadié Dembélé

20h30–22h30
DJ set — Tysha Cee

Samedi 3 octobre

11h–12h30
Les Sœurs Nardal : un Anti-Salon pour explorer leur héritage
Léa Mormin-Chauvac · Ève Gianoncelli

12h30–14h30
Conférence culinaire : Le poulet DG, histoire d’un continent
Alexandre Bella Ola, avec Vicky et Yonni-André Bella Ola

14h–17h
Atelier d’écriture « La parole est nôtre » — animé par Maboula Soumahoro

18h–20h
Projection du film Lovers Rock réalisé par Steve McQueen

Dimanche 4 octobre

10h–11h30
Atelier de danse waacking — animé par Boubou Belbak

11h30–12h
Performance de waacking — Boubou Belbak

13h30–15h
Atelier de prise de parole publique — animé par Rokhaya Diallo

15h30–17h
Projection du documentaire Mariannes noires réalisé par Mame-Fatou Niang

17h30–19h30
Projection du documentaire Ouvrir la voix réalisé par Amandine Gay

19h30–20h30
Discussion post-projection : « Dix ans plus tard, où en sommes-nous ? »
Mame-Fatou Niang · modération Estelle Ndjandjo

20h30–22h
Dîner de clôture avec l’association Dena’ba

À PROPOS

Les Sœurs Nardal — Les sept sœurs Nardal — Paulette, Émilie, Alice, Jane, Cécile, Lucie et Andrée — sont originaires de la Martinique. Plusieurs d’entre elles participent à la vie intellectuelle et culturelle du Paris de l’entre-deux-guerres. Paulette, Jane et Andrée sont notamment associées au salon littéraire de Clamart, espace de rencontres et de circulation des idées entre les Caraïbes, l’Afrique, l’Europe et les États-Unis. Paulette Nardal cofonde en 1931 La Revue du monde noir, à laquelle Jane et Andrée contribuent également. Leur rôle dans l’histoire des circulations intellectuelles noires et dans la genèse de la Négritude a longtemps été moins reconnu que celui des figures masculines du mouvement.

Maboula Soumahoro — Maîtresse de conférences en civilisation du monde anglophone à l’université de Tours, Maboula Soumahoro est spécialiste des études étatsuniennes, africaines-américaines et des diasporas noires et africaines dans le monde atlantique. Elle est notamment l’autrice de Le Triangle et l’Hexagone. Réflexions sur une identité noire (La Découverte, 2020) et la traductrice de À perte de mère. Sur les routes atlantiques de l’esclavage de Saidiya Hartman (2023), ainsi que de Black British Music de Paul Gilroy, publié en français en 2026 chez Audimat.

Entrée libre sur réservation

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