Le 19 mai, MansA invite le collectif Roots to Rhythm pour une exploration du makossa, genre né à Douala au cœur d’un espace urbain et linguistique particulièrement diversifié. Une traversée musicale du Cameroun, des premiers enregistrements aux circulations diasporiques, à la découverte d’un répertoire traversé par le français, l’anglais et les langues locales.
Le makossa est la bande-son de Douala, ville portuaire camerounaise, véritable carrefour d’échanges et l’un des espaces urbains les plus divers linguistiquement en Afrique. Né dans un pays qui compte plus de 250 langues – dont l’anglais et le français hérités de la période coloniale, et un pidgin créole à base lexicale anglaise – ce genre musical n’a jamais appartenu à une seule voix.
Depuis ses premiers enregistrements jusqu’aux productions réalisées en France durant les « années parisiennes », puis avec l’intégration du pidgin camerounais dans les années 1980, le makossa a toujours porté en lui plus d’une langue, et avec elle, plus d’une idée de ce que signifie être camerounais. Écouter attentivement les paroles du makossa, c’est entendre un pays qui interroge sa propre identité – au croisement des frontières, des générations et des langues.
Séance organisée avec Dare Balogun, du collectif Roots to Rhythm. Fondé par Grace Shelley et Dare Balogun, le collectif Roots to Rhythm est un projet de recherche et de performance dédié aux musiques africaines et à leurs circulations contemporaines. À travers ateliers, conférences et DJ sets, le collectif explore comment les sons du continent nourrissent aujourd’hui les scènes électroniques et les danses diasporiques.